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Déborah Le Noc, de victime à activiste, son combat face à la maladie de l’endométriose

Par Sephora Lukoki.

C’est dans l’hôtel The Hoxton, rue du sentier, dans le 2e arrondissement de Paris que Déborah Le Noc nous accueille. Lieu très chic, en même temps exotique dans lequel on se sent tout de suite à l’aise. Consultante et hôtesse de l’air, Déborah tient un site intitulé Freedom Attitude dans lequel elle accompagne les femmes atteintes de maladies de maladies chroniques à retrouver leur équilibre. Dans son challenge, elle souhaite leur apporter du soutien et des conseils afin de révéler la véritable identité qui sommeille en elles.

Déborah Le Noc
Déborah Le Noc, le 5 janvier à Paris. Crédits : Sephora Lukoki

Son témoignage tombe à pic dans cette période riche en émotions avec le discours d’Oprah Winfrey. Première femme noire récompensée aux Golden Globes, Oprah a toujours su faire la différence. Malgré son passé traumatisant, elle a su en faire une force. Engagée contre la maltraitance faites aux femmes, elle s’est adressée au monde entier et aux femmes pour refuser que d’autres filles subissent des violences sexuelles et se trouvent déconsidérées à cause de la suprématie masculine. #TimesUp. Nos combats ne sont pas tous identiques mais chacune selon son vécu encourage et illumine le monde afin que demain soit meilleur qu’hier. Plus de solutions et moins d’oppressions car nos vies sont précieuses. Le combat de Déborah Le Noc s’insère dans cette vision :

Qui es-tu ?

Je m’appelle Deborah Le Noc, j’ai 36 ans, mariée depuis deux ans je suis consultante dans le domaine du bien-être mais également hôtesse de l’air. Née à Cayenne en Guyane française, je vis en région parisienne depuis 2004. Depuis l’âge de 11 ans, je lutte contre des douleurs qui s’apparentent à de l’endométriose, diagnostiquée à l’âge de 29 ans.

J’ai créé mon site en 2014 qui s’intitule Freedom Attitude. Dans un premier temps, mon but était de vider mon sac lorsque j’ai appris le diagnostique de la maladie de l’endométriose. « Une sorte de cancer dont on ne meurt pas mais qui se propage comme les cellules cancéreuses.» Trois femmes sur dix sont touchées par cette maladie.

Pour vous expliquer la maladie, l’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Sous l’effet des hormones (oestrogènes), au cours du cycle, l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse et s’il n’y a pas fécondation, ses cellules se désagrègent et saignent. Ce sont les règles. Mais chez la femme qui a de l’endométriose, ces cellules vont remonter et migrer via les trompes : ce sont des tissus utérins qui, au lieu de s’évacuer par le vagin lors des règles, remontent inexplicablement dans l’abdomen par les trompes de fallope et se répandent dans le corps, du colon à l’utérus, des ovaires au rectum, de la vessie aux intestins parfois même à l’estomac, au diaphragme, aux poumons et au cerveau. Et ces tissus utérins qui ne sont pas éliminés par le système immunitaire continuent de réagir  aux cycles hormonaux, s’enflammant comme s’ils devaient être évacués au moment des règles, sans pourtant jamais l’être. D’où les douleurs sévères qui affectent énormément les femmes. La plupart des femmes atteintes sévèrement par cette maladie se plaignent d’avoir souffert depuis leur puberté de douleurs pelviennes.

L’endométriose est une maladie complexe. Elle essaie de voler notre liberté. Par le biais de l’écriture et de mon site, je me libérais en partageant mes peurs, mes blessures et mon quotidien ainsi que mes envies ; cela m’a permis de d’extérioriser mon mal-être et de reprendre le contrôle de ma vie.

Déborah Le Noc
Crédits Johan M @jleeuw_photo

Pourquoi avoir choisi de rendre public ton combat ?

Selon moi, la femme doit être en harmonie avec elle-même autant dans sa peau que dans sa tête. Je me suis rendue compte que le bien-être commençait d’abord par un équilibre émotionnel car lorsque tu connais ton identité et que tu es à l’aise avec ta personnalité et ton image, cela reflète ta beauté. D’où l’importance du nom de mon blog « Freedom Attitude » ou « Attitude de liberté ». Il faut savoir que l’endométriose est une maladie invalidante chronique et qui peut immobiliser par des douleurs ainsi que des saignements intenses.

Lorsqu’on m’a décelé l’endométriose, le gynécologue m’a prescrit du lutéran qui m’a soulagé pendant deux ans. Mais rapidement, les effets secondaires m’ont rattrapé. A l’âge de 35 ans et après une coelioscopie (technique chirurgicale pour enlever les lésions d’endométriose), je suis parvenue à tomber enceinte. Au bout de 4 mois de grossesse, les fibromes qu’on m’avait suggéré de ne pas toucher, ont quadruplé de volume sous l’effet des hormones. J’ai donc commencé à avoir de violentes douleurs qui ressemblant à  des contractions et je me suis retrouvée à l’hôpital avec de grandes complications. Le médecin urgentiste a décidé de déclencher l’accouchement sous péridurale car le bébé n’était plus viable. J’ai pleuré et hurlé de douleurs ! Après plusieurs péripéties médicales que je tairais, j’ai fini par accoucher de ma fille-morte que j’ai refusé de regarder, puis la spirale infernale a continué. J’ai contracté une infection médicale suite au curetage post natal. J’ai alors perdu toute force, toute estime et tout désir de me battre.
Freedom Attitude m’a ainsi aidé à verbaliser et extérioriser mes épreuves de vie que j’ai vécu à cause de cette maladie. Pourtant, quand on me croise, on ne remarquera jamais que je suis malade.

Comment as-tu fait pour tenir bon dans l’épreuve ? 

Au début, c’était très difficile à vivre parce que je n’acceptais pas cette maladie. Petit à petit, j’ai décidé de reprendre le contrôle sur ma vie en me réappropriant mon identité. J’ai donc décidé de poser des actes pour trouver des solutions alternatives à mon mal-être car le traitement médical ne répondait ni à mes attentes ni à mes besoins pour me soigner. Il faut savoir qu’aujourd’hui, il n’y a aucun traitement pour guérir de l’endométriose. Je me suis dis « Déborah, il faut que tu te prennes en main, que tu te fasses violence et que tu retrouves ce coté pétillant et solaire en toi ».

Je voulais tout simplement redevenir LA Déborah, car j’étais devenue la pauvre petite victime, incomprise et rejetée. J’avais fini par m’enfermer dans ce mode de raisonnement durant plusieurs mois. Quelques temps après, j’ai fait d’importantes rencontres avec des femmes que je nommerais aujourd’hui les « Warriors » (ou guerrières) dont la coach Inès FOMÉ m’a accompagnée dans ma transformation. Ce sont des femmes qui ont décidé de se battre et non de se lamenter.
Grâce à ces échanges, j’ai pu en tirer quelque chose de gratifiant et de fortifiant pour m’aider spirituellement à me lever.

Deborah Le Noc article slkaanews photographie
Crédits : Johan M @jleeuw_photo

Des traitements naturels pour se soigner ?

Je me suis dirigée vers des solutions naturelles dont la naturopathie. C’est un ensemble de pratiques visant à aider l’organisme à guérir de lui-même, par des moyens exclusivement naturels. Grâce à une naturopathe, j’ai pris conscience que plusieurs méthodes alternatives existaient pour se soulager. Certains aliments sont à l’origine de douleurs méconnues, donc le but est de les déceler et de les restreindre de notre alimentation. Cela m’a apporté beaucoup de repos et du bien-être intérieur. J’ai pris conscience que le café, le sucre raffiné, le lait de vache, la viande rouge, le gluten étaient d’importants inflammatoires dans notre système digestif car ils provoquent des douleurs aïgues.

Malheureusement, la médecine traditionnelle ne traite pas de l’aspect alimentaire. Grâce à une alimentation saine et adaptée à ma pathologie, je déclare avoir retrouver une vie plus stable et vivable. J’ai également pris conscience qu’il était nécessaire d’avoir une activité sportive régulière parce qu’au niveau de l’organisme, on sait très bien que le stress est un facteur de maladie. J’ai donc appris à faire de la salsa car j’aime danser, rigoler et m’amuser, puis j’ai changé pour faire du cardio et du vélo-élliptique. Mon mari m’a motivé à en faire en me disant que ça libèrait les endorphines. J’ai compris que le sport était une arme pour avoir une vie équilibrée.

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Crédits : Johan M @jleeuw_photo

Que souhaites-tu apporter aux femmes ? 

Ce que je souhaite avant tout, c’est accompagner les femmes atteintes de maladies invisibles comme l’endométriose. Sur mon site, je propose une partie coaching afin de les aider à connaître leur véritable identité, révéler leur féminité et retrouver une stabilité émotionnelle. Pour les femmes atteintes d’endométriose particulièrement, je souhaite leur apporter des conseils en nutrition. Selon mon expérience en tant qu’autodidacte, j’aimerais leur apporter mon aide et tout ce qui m’a fait du bien. Tia Mowry, ancienne actrice connue dans Sister Sister, est elle aussi atteinte d’endométriose et elle a trouvé un équilibre grâce aux plantes et une alimentation anti-inflammatoire. J’ai tellement souffert que je désire faire prendre conscience aux femmes qu’il y a des solutions qui existent et qu’elles doivent se donner les moyens pour les appliquer.

C’est facile de se lamenter, mais c’est quelque chose de se lever et de dire CELA suffit, je me bouge et je pose des actes. Bien entendu, je n’affirme pas que tous mes conseils vont les guérir. Toutefois, c’est une méthode qui procure du soulagement. Car malheureusement, il n’y a pas de traitement, certaines femmes ont pu être guéries après plusieurs opérations, d’autres en prenant une pilule hormonale mais il n’y a pas de véritable traitement. Prendre de la progestérone chimique sur du long terme occasionne des effets secondaires tellement désagréables au point de nous empêcher de vivre.
Au final, la question doit se poser : est-il mieux de prendre un traitement ou de ne pas en prendre ?

Face à la maladie comment ta foi t’a aidée ?

J’ai pris conscience que l’ennemi est un menteur et que le Seigneur ne nous veut pas malade. Au contraire, son désir c’est qu’on prospère à tous égards et qu’on soit en bonne santé. Et que l’on puisse saisir par la foi ce qu’il a accompli à la croix de Golgoltha à savoir la guérison, la santé divine et toutes les bénédictions qu’on a reçues en Jésus-Christ. Durant cette période d’obscurité, c’est comme si l’ennemi me narguait en me disant « tu vois alors où est ton Dieu ». Heureusement, que j’étais entourée d’une soeur de l’église qui m’a averti de la supercherie :  « attention Deborah, ne te trompe pas de combat. » J’ai donc saisi ma foi, pris position et autorité pour m’en sortir. Et par la foi, je proclame tous les jours que je suis guérie !

Quels conseils peux-tu donner aux femmes qui souhaitent entreprendre et à celles qui sont déjà entrepreneures ?

Déborah Le Noc
Crédits : Johan M @jleeuw_photo

Dans un premier temps, il faut bien définir ses rêves mais il faut surtout les écrire. On a toutes des rêves, on a toute une raison pour laquelle notre coeur bat et on la néglige souvent à cause des contraintes de la société. Je dirais donc à ces femmes qui souhaitent entreprendre, de se poser, de méditer, de sonder toutes ces choses pour lesquelles elles ont envie de se battre et apporter une différence.

Quand on veut apporter une différence, c’est à cet instant que l’on doit entreprendre. Pour celles qui sont déjà dans l’entreprenariat, entourez-vous uniquement bonnes personnes qui épousent votre vision et vos valeurs. Par exemple, mon photographe, si j’ai pu m’associer avec lui c’est tout simplement parce qu’il a le coeur pour soutenir les femmes.

Le e-shop Freedom Attitude ?

Mon e-shop sera disponible sur mon site internet courant 2018. Donc mon site ne se cantonnera pas seulement au coaching. Je souhaite personnaliser mes produits en fonction de la demande de chacune, je veux donc proposer des
trousses de bien-être composés de produits 100 % naturels, mais également des compléments alimentaires à base de plantes médicinales pour les femmes 100% Bio.

Quels sont tes voeux pour 2018 ?

Je vous souhaite à toutes de rentrer dans votre appel ou dans votre projet mais aussi d’avoir de bonnes connexions car je reste persuadée que c’est très important. Après tout le reste, c’est la grâce de Dieu. On a tous en nous un rêve à manifester donc maintenant à nous d’en prendre possession. Manifestez vos rêves, vivez à fond car tout peut s’arrêter demain. Demain vous pouvez mourir, tombez malade, perdre quelqu’un donc n’ayez aucun regret. Vivez à fond ! Profitez de la vie ! 

https://www.freedomattitude.fr

Instagram : https://www.instagram.com/freedomattitude_bydeborah/?hl=en

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