Accueil·Tendances

Attacher le foulard, une tradition africaine à préserver

Propos recueillis par Sephora Lukoki Kapinga.

Pallaya
Pallaya
A l’occasion d’une vente privée de foulard et de bijoux de la marque Pallaya chez MiaDreams, le 24 mars dernier à Paris, Stéphara, 29 ans, co-créatrice de Pallaya nous explique la particularité de cette entreprise.
Aujourd’hui, attacher le turban ou le foulard relève plus d’un art qu’autre chose. Et cet art renvoie aux racines africaines, Stéphara tient à préserver cette culture et à la transmettre aux jeunes filles en organisant des démonstrations pour attacher le foulard.

Chaleureuse et souriante, Stéphara a créée Pallaya en 2012 avec sa mère.
Chaleureuse et souriante, Stéphara a créée Pallaya en 2012 avec sa mère.
Entretien avec Stéphara 

Que signifie Pallaya ?
Pal est le surnom de ma mère et « Aya » c’est dans l’alphabet Adinkra, ce sont des symboles visuels, créés à l’origine par les Akans du Ghana et les Gyaman de Côte d’Ivoire, qui représentent des concepts ou des aphorismes. « Aya », c’est celle qui se plie mais ne se rompt jamais, « Aya » la fougère est le symbole de la persévérance à toute épreuve et de la débrouillardise.

Pourquoi avoir créé Pallaya ?

 Pallaya confectionne des foulards, des turbans de tête et des bijoux d’inspiration africaine liés à l’artisanat de l’Afrique de l’est. D’origine haïtienne, ma mère nous a élevé dans cette admiration du continent africain. Elle m’a appris les bases pour attacher le foulard et le turban. Puis on a pensé à créer Pallaya pour perpétrer cet héritage et conserver une mémoire culturelle. Le but est de démocratiser le port du foulard. Il ne doit plus être un cache-misère mais un accessoire de mode au même titre qu’un chapeau.

Pourquoi avoir choisi le foulard et les bijoux ?

Tout simplement parce que je porte toujours les deux en même temps. Je suis à fond bijoux et foulard. De plus, c’est toujours en lien avec l’Afrique. A la base, j’aime beaucoup les couleurs, donc travailler le wax c’est l’idéal parce qu’on a des multitudes d’imprimés floral, linéaire, graphique. On a de tout parfois même mélangé sur un même tissu. Dans ma garde-robe, le foulard est une pièce essentielle pour compléter mes tenues. J’ai l’habitude de porter beaucoup d’uni, jean, haut simple ou robe longue et le foulard va être ma touche de couleur. Le foulard fait partie de mon histoire.
Il y a quelques années, j’ai arrêté le défrisage et je me suis rasée les cheveux pour retourner au naturel. Le foulard a été l’alternative plus que les autres coiffures.

Comment sont créés les bijoux ? D’où viennent les turbans ?

Avec ma mère, nous utilisons le laiton. Elle crée les bases et j’apporte la valeur ajoutée. Certains bijoux sont créés avec du sisal (première matière végétale utilisée par les femmes rwandaises). A partir des feuilles récoltées puis traitées, on crée des bijoux. Pour les turbans, on les trouve en Afrique de l’ouest : Gambie, Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le wax envahit toutes les sphères, comment fais-tu pour te démarquer?

Dans la méthodologie, les variétés de tissu, même si la majorité utilise le wax, je pense me démarquer par mes imprimés. D’ailleurs, j’insiste vraiment sur la démarche de transmission. Le plus important est que les filles repartent avec un savoir-faire et pas juste un foulard. C’est ma valeur ajoutée. Et cela me fait plaisir lorsque je reçois des retours par mail ou sur Facebook, les filles me disent qu’elles ont apprécié la démonstration d’attache foulard et cela a également plu à leur mère. Pallaya permet qu’une partie de cette culture africaine perdure encore et encore.

Pourquoi continuer de perpétrer cette tradition ?

Parce que c’est nécessaire. Cela fait partie du monde et de l’humanité. Je suis très favorable à la préservation de certaines traditions. Depuis un certain temps, on rentre dans la mode des contouring et autres, au final, on fini toutes par se ressembler, même dans nos vêtements, la mode est dictée par des créateurs et on est toutes identiques. Donc si on peut, en puisant dans nos racines apporter cette petite touche d’individualité propre au continent africain tant mieux.

Les perspectives d’avenir de Pallaya :

Actuellement, on travaille sur le site. Avant j’étais salariée dans le prêt-à-porter mais depuis janvier, je suis à plein temps. Je travaille avec ma petite soeur, mes belles soeurs, mes cousines qui m’aident durant les stands ou qui me servent de modèles lors des représentations. On envisage de trouver davantage de femmes artisanes en Afrique afin de travailler avec elles, créer des collections de bijoux et peut-être se lancer dans le prêt à porter. Il faut surtout avoir des partenaires constants dans l’entreprenariat féminin.

Futurs évenements de Pallaya sur :https://www.instagram.com/pallayaturbaniz/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s