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Mon regard sur le Congo 1/5

Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo

Par Sephora Lukoki Kapinga.

Il ne s’agit pas d’une propagande pour visiter le Congo mais du regard de plusieurs jeunes qui sont allés dans leur pays d’origine. C’est un pas non négligeable et on aimerait en savoir plus. Certains osent, d’autres hésitent et d’autres n’envisagent même pas de mettre les pieds en République Démocratique du Congo (RDC). Brandon, lui a sauté le pas.

Brandon Mpia, 22 ans est animateur à Dourdan (91), en banlieue parisienne. En août 2016, il est parti pour la première fois avec son père en République Démocratique du Congo. A la découverte de la terre de ses ancêtres, il s’est confronté à la réalité et a fini par dépasser ces préjugés.

1) Un temps d’adaptation

Comme dans chaque nouveau pays, il faut un temps d’adaptation pour prendre ses marques et ensuite être à l’aise. Brandon a mis quatre jours : »Au début, j’ai eu du mal avec la circulation, les routes, le bruit, c’était trop… je me suis même demandé qu’est-ce que je fais là.” Dès l’arrivée, la différence entre la France et l’Afrique l’a rattrapée. Mais avec le temps, Brandon a fini par prendre ses repères.

2) Découvrir mon pays

Mon père me mettait la pression pour aller au Congo mais j’étais réticent. Il insistait en me disant : ce voyage va t’ouvrir l’esprit, cela va te changer et tu vas voir autre chose, tu auras un autre regard sur le monde et plus de sagesse” raconte le jeune homme. La plupart des parents n’ont pas toujours cette approche du Congo. Aujourd’hui, nombreux parents ne proposent pas forcément à leurs enfants de voir le pays, faute d’argent, faute d’intérêt ou tout simplement par peur…

3) L’accueil

Brandon est resté deux semaines en RDC. Il résidait à Yalingo. Il a été marqué par l’accueil de sa famille : » à mon arrivée, j’ai été reçu comme un prince, mes tantes ont coupé une chèvre car c’est la tradition” explique t-il. Le cœur de la famille est toujours très disposé à rendre le séjour le plus agréable possible. Des domestiques s’occupent de nous et on ne manque de rien. “Même si au quotidien, il y avait parfois des coupures de courant, cela ne me dérangeait pas, on m’avait prévenu par le biais de ma soeur cadette qui était déjà venu, je me suis donc adapté. De toute façon, courant ou pas, la joie de vivre ne manque jamais, c’est un élément fondamental” dit Brandon nostalgique.

J’ai pu visiter plusieurs endroits, la Cité Verte, Lukeni, Mumbele, Righini, et Gombe, le quartier des affaires avec l’Ambassade de France, le tribunal, c’est un peu comme l’équivalent de La Défense ici. J’ai beaucoup aimé Wenze ya bikeko« , littéralement le Marché des statuettes. On y trouve toutes sortes d’œuvres d’art, des masques, des bijoux en Ivoire, des tableaux, de statuettes, on peut aussi faire des bracelets avec son prénom…

4) Renverser les préjugés

Il faut arrêter de se focaliser sur ce que l’on voit et sur l’opinion des autres. Si tu veux des réponses, fonce, retourne aux sources et à ce moment précis, tu pourras avoir ta propre vision” affirme Brandon. “Souvent, on s’arrête à ce qu’on entend dans les médias et on fini par cautionner leurs propos sans les vérifier” poursuit-il. Ce voyage lui a donc permis de renverser plusieurs préjugés et de voir le Congo de ses propres yeux afin d’en faire sa propre conclusion. Une expérience “inoubliable” et riche en connaissance. Ce genre de voyage fait “renaître l’amour du pays“.

5) Le contentement

Certaines réalités peuvent décourager, la violence, la souffrance, la précarité, les vols… “D’ailleurs, la chaîne de télévision Molière, spécialisée en faits divers relate les incidents les plus ignobles, des personnes blessées à coups de machettes et j’en passe” explique le jeune homme, encore troublé par la cruauté excessive des faits divers.

Cependant, les Congolais ne s’attardent pas sur la misère et les difficultés du quotidien. Au contraire, “ils se contentent de ce qu’ils ont et préfèrent être joyeux, cette mentalité m’a fortifié.Ils n’ont pas grand chose mais ce qu’ils donnent est beaucoup car ils donnent leur joie, leur cœur, leur disponibilité, leur service…

En France, on se plaint un peu trop, le retour a été difficile. J’étais déçu de reprendre mon train train habituel. Ici, on est présent que pour travailler, et si tu n’as pas d’emploi, tu n’es rien. Tandis qu’au Congo, avec un rien du tout, ils font la fête” constate Brandon. “C’est contradictoire car malgré tous les services sociaux tels que Pôle emploi, les boites d’Intérim mis en place pour aider les jeunes, tout le monde est toujours stressé. Mais au pays, les choses sont plus difficiles avec la délinquance, les enfants des rues, les jeunes sont confrontés à eux-mêmes…”

Je ne suis pas quelqu’un de plaintif mais ce séjour dans mon pays d’origine m’a apporté plus de sagesse” conclut le jeune homme qui compte bien retourner au pays de Lumumba. Il a tellement aimé son voyage qu’il en a oublié de prendre des photos. “J’étais trop heureux d’être là-bas…

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