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Naomi Musenga : le scandale du Samu ou miroir d’une société en détresse

Par Sephora Lukoki Kapinga.

Naomi Musenga, 22 ans, mère d’une petite fille d’un an est décédée quelques heures après avoir appelé le Samu qui s’est ouvertement moqué d’elle et n’a pas pris en considération son appel à l’aide. Le 29 décembre dernier à Strasbourg, elle décède suite à une défaillance multiviscérale sur choc hémorragique.

naomi

Le 9 mai, le magazine locale Heb’di révèle l’affaire au grand jour et déclenche l’indignation. Le circonstances de la mort de Naomi sont inacceptables. L’opératrice du Samu lui a répondit de façon tellement méprisante tandis que dans la voix de Naomi, on ressent que le jeune femme est dans un état très critique. Aujourd’hui sa famille se bat pour que justice soit faite. 

http://www.france24.com/fr/video/20180509-deces-naomi-musenga-22-ans-le-scandale-secoue-le-samu

Voici la conversation de Naomi et de l’opératrice :

– « Oui, allô ! »
– Allô… Aidez-moi, madame…
– Oui, qu’est-ce qui se passe?
– Aidez-moi…
– Bon, si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche…
– Madame, j’ai très mal…
– Oui ben, vous appelez un médecin, hein, d’accord ? Voilà, vous appelez SOS Médecins.
– Je peux pas.
– Vous pouvez pas ? Ah non, vous pouvez appeler les pompiers, mais vous ne pouvez pas…
– Je vais mourir.
– Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde. Vous appelez SOS Médecins, c’est 03 88 75 75 75, d’accord ?
– S’il vous plaît, aidez-moi madame…
– Je peux pas vous aider, je ne sais pas ce que vous avez.
– J’ai très mal, j’ai très très mal.
– Et où ?
– J’ai très mal au ventre (…) et mal partout.
– Oui, ben, vous appelez SOS Médecins au 03 88 75 75 75, voilà, ça je ne peux pas le faire à votre place. 03 88 75 75 75. Qu’un médecin vous voie, ou sinon vous appelez votre médecin traitant, d’accord ?
– D’accord.
– Au revoir. »

Les mots que m’inspirent ce drame : 

La charité se refroidit,

Le mal est applaudit, le bien est maudit.

La banalité du mal et l’insensibilité s’accroissent. 

Le mépris traduit la rage et l’angoisse.

Mais la perte d’un être cher est indescriptible.

Cette histoire nous fait froid dans le dos. 

Miroir d’une société en détresse,

Pourquoi tant de maladresses ?

Ne négligeons pas la douleur de notre prochain,

Ne tournons pas le dos à une âme malade.

Que la routine de ce monde n’anesthésie pas notre sensibilité.

Vanité des vanités, tout est vanité, notre vie telle un souffle s’éteint si facilement, prenons donc soin les uns des autres. 

L’inertie visible d’un monde prévisible

Ce n’est que la suite de l’inertie de la société. Un mal-être latent se cache derrière tous ces faits. Combien de drames à l’hôpital ou dans les transports n’a t-on pas entendu ? Entre les agressions de femmes dans les transports ou autres? Et dans ce genre d’agressions, la majorité ne bronche pas. On préfère s’occuper de son bien-être et laisser l’autre souffrir, malheureusement tant que cela ne nous atteint pas personnellement, on ne sent pas concerné.

Telle est l’une des pires inconsciences. Fermer les yeux sur les crimes, les douleurs, les peines, les injustices de notre prochain c’est fermé les yeux sur notre propre humanité et s’attirer les foudres du destin. Ne doit-on pas pleurer avec ceux qui pleurent et nous réjouir avec ceux qui se réjouissent. 

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