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Congo Travel DRC rend hommage à Zaïre 74

Par Sephora Lukoki Kapinga.

« Zaïre 74 » peinture acrylique sur toile. Dimension 118×81. Artiste Jennifer SIVI @artjsivi

De l’extérieur, la galerie Bog-Art à Bruxelles attire les regards. Derrière les vitrines, les tableaux captivent les passants. Dès l’entrée, les sonorités du festival de musique résonnent dans nos tympans. Entre James Brown, Tabu Ley Rochereau, Miriam Makeba, la crème des artistes des années 70 est réunie pour célébrer cet événement. Le décor est planté. Bienvenue dans l’univers de Zaïre 74. À peine arrivés, nos yeux se fixent sur les tableaux colorés qui rappellent les protagonistes de l’histoire.

« Ali boma ye ! ». Technique multiple sur toile. Dimension 100×65. Artiste Eyaba @eyabaheart

Mohamed Ali, en blanc sur un fond vert, avec les inscriptions « Ali Bomaye » en rouge et jaune, clin d’œil aux couleurs du drapeau du Zaïre. Le ton est donné. Dans une autre œuvre de l’artiste Jennifer Sivi, on le voit face à George Foreman, dans ce que les amateurs de boxe appellent « Le combat du siècle », et dont on célèbre les 45 ans.

Ali vs Foreman. Toile réalisée par Jennifer Sivi @artjsivi

A la redécouverte de Zaïre 74

« Ali boma ye ! Ali boma ye ! » (scandé en lingala par le public, ce qui signifie « Ali tue-le« ). C’est souvent ce dont on se rappelle en priorité. L’affrontement entre Mohamed Ali et George Foreman, bien plus qu’un combat de boxe ! C’est un événement planétaire. Une date : 1974. Un pays : le Zaïre. Un chef d’État : le roi du Zaïre, Mobutu Sese Seko. Une vision : mettre à l’honneur le Zaïre et montrer que l’Afrique est en marche. Un combat : Ali contre Foreman. Une équipe de football nationale : les Léopards. Un festival : Zaïre 74, réunissant artistes africains et afro-américains.

Le tout réuni au sein d’une exposition, organisée à la galerie Bog-Art, à Bruxelles, du 21 au 30 mars, par Roberto Bouryaba, co-fondateur de Congo Travel DRC, Johanna Bukasa Mfuni, co-fondatrice et Cassie Mengato, responsable communication et marketing.

Crédits @molopwe_

Par le prisme de l’art, du sport, de la musique, la jeunesse exprime sa volonté de se connecter à son histoire. Revendiquer ses origines, les honorer mais surtout raconter cette époque qui a marqué les esprits. Nous y voilà. « Valoriser notre pays d’origine, la République démocratique du Congo, c’est notre objectif » affirme la co-fondatrice de Congo Travel DRC, Johanna Bukasa Mfuni.

Pour illustrer Zaïre 74, Congo Travel DRC a contacté des jeunes artistes très talentueux : Eyaba, Kathy Dasylva, Jennifer Sivi originaires de France et de Belgique, qui ont réalisé plusieurs oeuvres. Pour la partie écriture, les poèmes de l’écrivain Sephora ont été exposés. Ils ont également mis en lumière plusieurs souvenirs de l’époque, des archives de billets de la monnaie Zaïre, des tickets d’entrée pour le match de boxe, des articles, des photographies, des reproductions des maillots des Léopards et d’autres souvenirs.

La musique mise à l’honneur…

Petit retour en arrière. 22 septembre 1974, la crème des artistes est réunie pour enflammer la capitale du pays, Kinshasa. Le panel de célébrités était composé de Tabu Ley, Abeti Masikini, Franco & l’OK Jazz, Manu Dibango, Miriam Makeba, les Stukas et d’autres encore. Sans oublier le roi de la soul James Brown, BB King, Bill Withers et les Spinners, l’orchestre Fania All Stars…

Tabu Ley Rochereau et ses danseuses. Artiste Jennifer SIVI @artjsivi

… le sport aussi avec le combat Ali vs Foreman

Le 30 octobre 1974, c’est parti pour le combat le plus légendaire de la boxe ! « The Rumble in the Jungle » (Le grondement de la jungle). Organisé par le promoteur Don King et le président Mobutu, ce match a eu une renommée internationale. Mohamed, favori des Zaïrois, est accueilli comme la superstar. Notamment pour son attachement à ses racines africaines, ses convictions personnelles, son choix de ne pas porter son nom américain « Cassius Clay », ainsi que son opposition à la guerre du Vietnam.

Ali The Greatest. Artiste : Jennifer SIVI @artjsivi

Au stade Tata Raphaël, devant 100 000 spectateurs, en huit rounds, Ali triomphe et retrouve son titre de champion du monde poids lourd.

Les Léopards du Zaïre représentent l’Afrique à la Coupe du monde

« Ndaye Mulamba ». Peinture réalisée par Eyaba @eyabaheart

Côté football, l’équipe du Zaïre est qualifiée pour la phase finale de la Coupe du Monde 1974 en Allemagne. Vainqueur de la Can (Coupe d’Afrique des Nations) la même année, le Zaïre est le seul représentant du continent africain. C’est le troisième pays d’Afrique participant à la Coupe du Monde, après l’Egypte en 1934 et le Maroc en 1970.

Pour assurer la victoire des Léopards, Mobutu met tout en œuvre : envoi de féticheurs, cadeaux aux joueurs, achat de voitures, d’appartements et deux semaines de vacances. Malheureusement, ils perdent 2-0 contre l’Écosse dès le premier match. Score moins grave que le match contre la Yougoslavie. Les joueurs, privés de leurs primes, étaient en effet en grève et ont refusé le jeu, encaissant par la même occasion neuf buts, sans aucun marqué.

Le Zaïre représente l’Afrique à la Coupe du monde

Une tribune pour les jeunes artistes

Il a fallu seulement trois mois à Jennifer, l’une des artistes, pour peindre ses œuvres. C’est sa première exposition et son art a bluffé les visiteurs. Autodidacte, elle craignait les réactions. Mais les retours ont été positifs. La voilà rassurée. Focalisée sur l’art abstrait, son thème principal, bien qu’elle n’y soit jamais allée, c’est le Congo (RDC) mais aussi la femme. Son art est « une déclaration d’amour au Congo, comme elle le résume si bien. Je veux révéler au monde que la RDC a des choses positives à montrer ».

Jennifer SIVI, artiste autodidacte devant l’un de ses tableaux.

L’engagement de tous ces artistes semble contagieux. Et l’exposition Zaïre 74 est une fantastique tribune. Il y a comme une envie d’être utile et d’agir pour le pays. Pour certains d’entre eux, c’est un devoir, une responsabilité de parler et d’honorer le Congo. « La jeune diaspora parle et présente son histoire. Avant c’était peu commun », souligne Junior Goss, manager de l’artiste Jennifer Sivi.

Kathy DASYLVA, jeune artiste talentueuse devant sa toile. Une peinture du footballeur Mwepu Ilunga.

« Ce projet est l’occasion de montrer que le Congo ne se limite pas à la guerre, ajoute Kathy, 23 ans, étudiante en deuxième année dans une école de mode, artiste, peintre, chanteuse de soul et R’n’B. C’est important de nuancer les propos. Cette exposition représente une période précise de l’histoire où le Zaïre était à son apogée. » Parmi les œuvres de la jeune artiste, une toile sur James Brown et une sur le joueur de football, Mwepu Ilunga.

Pour la petite histoire, lors d’une confrontation entre le Brésil et le Zaïre, le joueur Mwepu Illunga s’est illustré de la plus étonnante des manières. À l’occasion d’un coup-franc en faveur des Brésiliens, le défenseur, vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations en 1974 avec le Zaïre, et de deux coupes d’Afrique des clubs champions avec le Tout Puissant Mazembe, court en direction du ballon et le propulse à l’autre bout du terrain. Le coup-franc n’ayant pas encore été joué. Un geste original avec pour objectif de gagner du temps et de ne pas aggraver la marque (le score était alors de 3-0). Stratégie payante, le score n’a plus bougé.

Revaloriser l’image du Congo

« J’ai connu cet événement grâce à Roberto, co-fondateur de Congo Travel, révèle Grâce Elohim, 19 ans, étudiante en communication à l’université Libre de Bruxelles. C’est une exposition très intéressante et variée, entre le football, la musique et différents types d’art. Je connaissais le combat de Mohamed Ali mais j’ignorais le reste. C’est une période extraordinaire donc c’est important de s’en rappeler. Je considère que l’on ne parle pas assez du Congo de façon positive. Au contraire ! Souvent une mauvaise image nous est associée à cause de la politique, la souffrance des populations… Zaïre 74 est une redécouverte du Congo. »

Grâce et Noah, visiteurs de l’exposition Zaïre 74

Cette mauvaise image colle injustement à la peau du pays selon Noah, lycéen de 17 ans. « On parle souvent de Mobutu de façon péjorative mais d’un point de vue culturel, c’est lui qui est à l’initiative de tous ces événements, aujourd’hui retranscrits avec Zaïre 74.»

L’exposition Zaïre 74 se déroule jusqu’au 31 mars à la galerie Bog-Art, 18 rue des Bogards, 1000 Bruxelles.

Tarifs : 4,50 € – étudiant : 3 €

Plus d’informations sur leurs pages Instagram :

https://www.instagram.com/expozaire74/

https://www.instagram.com/congotraveldrc/

Retour en images sur l’exposition :

« le Roi du Zaïre » Artiste Jennifer SIVI @artjsivi
Artiste Jennifer SIVI @artjsivi
Artiste Jennifer SIVI @artjsivi
Le poème de l’artiste Séphora @sesapoetry
Sephora, auteure des poèmes pour l’exposition Zaïre 74. @sesapoetry
Archives des tickets du combat de boxe et d’un billet de cinq Zaïres
La chanteuse sud-africaine Miriam Makeba « Mama Africa »

La chanteuse congolaise Abeti Masikini
Un visiteur et Kathy DASYLVA, artiste qui a exposé ses oeuvres à l’exposition Zaïre 74
Le joueur Mwepu Ilunga. Tableau réalisé par Kathy DASYLVA @kathy.sandrine
Vente de t-shirts Zaïre 74 et Léopards
Ali vs Foreman, le combat du siècle

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